Marché des grands vins –Le marché des vins fins se développe alors que l’économie se contracte

By March 9, 2020Francais

Le Covid-19 a fait des ravages sur les marchés mondiaux, en perturbant les chaînes d’approvisionnement, en faisant baisser les cours des actions et en affectant de manière spectaculaire les devises, alors que tout un chacun cherche à réduire son exposition aux risques. L’euro a toutefois bénéficié de la situation. L’indice Fine Wine 50, libellé en livres sterling, a subi la pression du marché comme en témoigne son recul de -0,17 % au cours de la semaine passée. Les acheteurs ont toutefois profité de la dérive des prix, ce qui a fait grimper la valeur totale des échanges de 50 % par rapport à la semaine précédente.

La part de marché en valeur des vins de Bordeaux (47,6 %) a passé une semaine de plus sous la barre symbolique des 50 %. L’Italie, région épargnée par les droits de douane étatsuniens, a vu sa part de marché grimper (17,1 %), notamment grâce au millésime 2016 qui a concentré plus de 55 % des ventes de vins de la région.

Pendant ce temps, la part de marché des États-Unis (8,5 %) a bondi et celle de la Bourgogne est restée stable (15 %), tandis que celles de la Champagne (6,4 %) et du Rhône (2,1 %) ont toutes deux baissé.

C’est le Screaming Eagle 2007 qui arrive en tête des vins les plus échangés de la semaine, un lot important de ce vin ayant récemment changé de propriétaire. La diversité de provenance des vins dont le prix a le plus augmenté témoigne de l’élargissement de l’offre sur la plateforme Liv-ex. 1 359 vins distincts (LWIN11) ont été échangés au cours du mois de février et c’est le deuxième plus haut record jamais enregistré.

Initialement commercialisé en juin dernier au prix de 6 000 £ les 12 bouteilles de 75 cL, le Lafite Rothschild 2018, soit le plus récent millésime de ce cru disponible à la vente, a vu son prix augmenter de 4,8 %. Élu vin du millésime par les membres de Liv-ex et potentiellement parfait selon James Suckling (99-100) et Lisa Perrotti-Brown MW (The Wine Advocate, 99-100), ce vin se négocie actuellement à un prix supérieur à celui des huit millésimes précédents (7 126 £ pour 12×75). La bouteille 2018 devrait se voir ornée d’une étiquette commémorative, célébrant les 150 ans de propriété de Rothschild.

Un autre des vins les plus activement échangés en valeur au cours de la semaine passée est le dernier Cristal à être sorti de la maison Louis Roederer. Le millésime 2012 a effectivement reçu bon nombre d’éloges de la part des critiques (James Suckling, 99 points). C’est également le premier millésime produit à 100 % en biodynamie.

Mouvement des indices Liv-ex en février.

Le Liv-ex 100 a été le seul indice à briller d’un marché baissier. Le Liv-ex 100 a effectivement pu afficher des gains sur le mois de février, car il a été poussé à la hausse par les bonnes performances de la Champagne et de l’Italie. Dans le même temps, le Liv-ex 1000 – indicateur le plus large des performances du marché – a lui reculé, le Rhone 100 étant le seul sous-indice à clôturer en territoire positif.

Sortie du Paul Jaboulet Aîné Hermitage Chapelle 2018

Ce vin entré récemment sur le marché a reçu l’admiration des critiques de The Wine Advocate, Joe Czerwinski et Jeb Dunnuck. Mis sur le marché avec un prix en hausse de 8 % par rapport au millésime précédent, le vin de 2018 pourrait bien désormais constituer la nouvelle référence pour les millésimes ayant reçu des notes similaires.