La récompense de la décennie

By January 31, 2020Francais

Le site Jamessuckling.com fêtera son 10e anniversaire cette année. Alors qu’il a laissé plus de 100 000 commentaires de dégustation et participé à d’innombrables événements, James Suckling a décidé de célébrer cet anniversaire en attribuant trois prix uniques rendant compte, selon lui, des dix dernières années de son travail de journaliste dans le domaine du vin.

Le vin de la décennie

Ni Bordeaux ni Bourgogne, ce n’est même pas un vin du millésime 2016.

Le vin de la décennie selon James Suckling est un vin chilien, l’Almaviva Puente Alto 2017, auquel il a attribué 100 points en avril dernier, en ajoutant : « Il s’agit d’un vin structuré et puissant. Dense et très, très profond ».

L’Almaviva est le fruit de la collaboration du Château Mouton Rothschild et du Domaine Concha y Toro. J. Suckling fait d’ailleurs l’éloge de l’Almaviva pour avoir contribué à améliorer la réputation du vin chilien dans le monde entier.

Mais le vin lui-même peut être décrit comme un heureux accident. En 1978, le domaine chilien pensait avoir planté du Merlot et du Cabernet Sauvignon. Le Merlot, cependant, s’est avéré être en réalité du Carménère, qui a été inclus dans l’assemblage, sans que personne n’y trouve ensuite quelque chose à redire.

Comme le montre le graphique ci-dessous, les prix de marché des millésimes 2015-2017 sont restés proches des prix demandés lors de la sortie de ces vins à Londres, car le marché est resté abondamment approvisionné. Néanmoins, une fois que la quantité disponible se restreint, les prix de l’Almaviva, comme on a pu le constater pour les millésimes 2009 à 2012, augmentent pour atteindre le niveau de 1 300 £ où ils se reposent tranquillement.

Les millésimes 2015 et 2017, qui se sont vu attribuer la note de 100 points par James Suckling, constituent sans aucun doute deux ajouts de bonne valeur dans n’importe quelle cave.

Le vigneron de la décennie

À la tête des Château Mouton Rothschild, Château Clerc Milon, Château d’Armailhac, Domaine de Baronarques en France, ainsi que de l’Almaviva au Chili et de l’Opus One dans la Napa Valley, on retrouve un homme clé, récompensé par le prix du vigneron de la décennie.

Il s’agit du vigneron Philippe Dhalluin, engagé en 2003 par la défunte Baronne Phillippine de Rothschild pour être le directeur général et le vigneron des six domaines. Philippe a apporté un tout nouveau niveau de précision. Il a cherché à replanter de vieilles vignes, à introduire des cuves de fermentation plus petites et à diminuer les notes de chêne, qui selon lui masquaient le terroir unique de chaque région.

Quand on lui pose la question Philippe répond : « en tant que vigneron, je m’attache à produire les meilleurs vins possible » ; et les nombreux vins auxquels 100 points ont été décernés sous son mandat (et peut-être qu’il y en aura de nombreux autres) en témoignent.

En 2016, Liv-ex avait interviewé Philippe Dhalluin à propos des derniers développements du Château Mouton Rothschild, ainsi que sur la question du marché des vins fins et du millésime 2015 des vins de Bordeaux.

Le vignoble de la décennie

Le vignoble de la décennie, Masseto, a récemment ouvert sa propre cave de vinification en Toscane. Ce vignoble italien renommé produisant exclusivement du Merlot n’avait pas son propre site de production jusqu’à l’année dernière. Il produisait jusqu’ici son vin dans les caves d’Ornellaia.

1991 et 2001 sont les millésimes les plus onéreux de Masseto, proposés respectivement à 10 320 £ et 9 564 £ pour 12 bouteilles de 75 cL.

Les 2001, 2011 et 2016 ont tous reçu une note de 100 points de la part de James Suckling, mais le 2011, au prix de 4 480 £ les 12 bouteilles de 75 cL, reste un des millésimes de Masseto les moins chers sur le marché.